Et après.. de Manon Lavergne

Et après.. de Manon Lavergne

Ce virus de quelques microns a réussi à arrêter cette machine infernale qui est notre monde aujourd’hui, mais qu’en sera-t-il du monde post-coronavirus ?

Le monde entier retient son souffle et est effectivement au point mort, car nous le savons il y aura des dommages économiques, humains, psychologiques… substantiels, peut-être irréversibles. Suite à ce choc le monde va connaitre une profonde récession.

 

Des circuits plus courts

U, V, W ou L ? Il ne s’agit pas d’un code secret, mais de la forme que prendra la reprise économique, une fois passée la crise liée à l’épidémie de coronavirus. Sera-t-elle lente, rapide, mouvementée ou inexistante ?

Beaucoup d’entreprises se disent qu’il faut qu’elles se diversifient, qu’elles ne peuvent plus tout miser sur une seule usine principale en Chine, il leur faut des usines au plus près du consommateur final.

Il faut prendre en compte également le fait que depuis 2009, les habitudes de consommation des Français ont beaucoup changé. Ils sont devenus plus rationnels. Même si le plaisir consumériste n’a pas disparu, le sentiment de déclassement qui touche une part croissante de la population française a modifié les comportements. Désormais, les consommateurs font plus attention, cherchent les meilleurs prix et prennent plus de temps pour se décider.

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La décennie 2010-2019 a ainsi été marquée par le boom du marché de l’occasion. 47% des Français achetaient d’occasion en 2008, ils sont 60% dix ans plus tard. Au-delà du prix, ils réfléchissent davantage au contenu de ce qu’ils achètent. L’époque de l’hyperconsommation et de l’accumulation matérialiste est derrière nous. Plus informés et parfois plus experts, les Français exigent plus de transparence, plus de garanties sanitaires, plus de qualité. Nul doute que cette crise les rendra encore plus exigeants. Le tournant des marques vers plus de “responsabilité” va donc s’amplifier dans les années qui viennent.

 

Vers la e-life

Du e-commerce aux e-conférences, en passant par les e-apéros, la dématérialisation va connaître une avancée spectaculaire. Avec le confinement d’autres pratiques se sont développées dans le contexte actuel : réunions à distance, télécommunications des médecins, des psychologues, télétravail, éducation à distance, médias digitaux, vente à distance, livraison au domicile, etc.

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Une explosion des contacts sociaux et des rassemblements physiques va certainement se produire à la fin du confinement car les Français auront envie de retrouver leurs proches et d’être ensemble. Ce mode de vie e-life, va sans doute laisser des traces et amener la population à repenser sa maniére de travailler, de vivre, de se déplacer… Ce confinement avec la dématérialisation des modes de vie aura, dans l’intervalle, accéléré la progression de la e-life.

 

Une nouvelle façon de se déplacer

Aujourd’hui, 81% des français redoutent les transports en commun, donc qu’en sera-t-il après le confinement ? Les chinois, qui sont les premiers à être sortis du confinement redoutent les transports en commun à cause du risque de propagation qui est plus grand (mobilier public, distance de sécurité difficile à respecter…).

Comme toute crise, le traumatisme a également un « après ». Les français se disent peu rassurés à l’idée de devoir prendre les transports en commun après le déconfinement. Les moyens de déplacements en ville comme le vélo, les scooters électriques sont souvent cités comme des alternatives possibles afin d’éviter tout contact et de respecter une distance.

 

Transition écologique

En ralentissant l’activité économique, la pandémie de coronavirus baisse aussi les émissions de gaz à effet de serre et la pollution atmosphérique. Mais le répit pourrait n’être que de courte durée… À moins que la situation provoque une prise de conscience inédite.

C’est sans doute l’un des rares effets positifs de la crise sanitaire : dans de nombreux pays, la pollution de l’air a considérablement diminué, offrant à la planète un bref moment de répit.

Ce phénomène est particulièrement visible en Chine, le berceau de l’épidémie (voir schéma ci-dessous).

Cette baisse de la pollution a eu lieu également en France, après deux semaines de confinement, l’empreinte carbone des français a baissé de 62 %.

Mais une remontée des émissions polluantes est probable à l’avenir. Les dirigeants des grandes entreprises, dont l’activité a un fort impact environnemental, vont tenter de rattraper les conséquences négatives de la crise sanitaire sur leurs résultats.

Une série de réunions internationales qui devaient se tenir en 2020 sur le thème de l’environnement vont être reportées, souligne Le monde.

La récession est susceptible d’inciter les Etats à mener une relance de l’activité en utilisant les moyens classiques du soutien aux entreprises et à la consommation. Le tout au détriment de l’environnement, un thème trop souvent jugé secondaire par rapport à la croissance.

C’est tout le paradoxe de la situation actuelle. Pour plusieurs scientifiques, l’épidémie aurait indirectement sauvé des vies avec la chute de la pollution.

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…Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés :

Nul mets n’excitait leur envie ;
Ni Loups ni Renards n’épiaient
La douce et l’innocente proie.
Les Tourterelles se fuyaient :
Plus d’amour, partant plus de joie…

Jean de la Fontaine,
Les animaux malades de la peste

 

A propos de l’auteur :
Article de Manon Lavergne,
Co-fondatrice de Viluso qui conçoit des scooters électriques connectés
Écrivaine du roman : « L’odeur des hommes

Source: « TendanceHotellerie » https://suiv.me/13253